Historique

Une page d'histoire de L'École des Ursulines de Québec

Tout a commencé aux féeries de Noël de l'an 1634. Marie de l'Incarnation, Ursuline de Tours en France, nous raconte : « Or, une nuit, il me fut représenté en songe, dans un léger sommeil, que j'étais avec une dame. Je la pris par la main. Notre chemin était vers le lieu où l'on s'embarquait. Nous arrivons en un lieu qui s'appelle la Tannerie. Au bout de notre chemin, nous trouvons une belle place à l'entrée de laquelle il y a un homme solitaire, vêtu de blanc. Il nous regarde et me fait signe de la main. »

Quelque temps après, pendant sa prière au pied du Très Saint Sacrement, Marie de l'Incarnation est interpellée une seconde fois : « C'est le Canada que je t'ai fait voir, il faut que tu y ailles faire une maison à Jésus et à Marie. » (Témoignage p.183 et 194)

Le 22 février 1639, Marie de l'Incarnation quitte donc son monastère de Tours avec Mère de Saint-Joseph de la Savonnière et Madame de la Peltrie. À Paris, elles logent chez les Ursulines du faubourg Saint-Jacques et rendent visite à la reine Anne d'Autriche. Chez les Ursulines de Dieppe, nos voyageuses trouvent une troisième missionnaire : Mère Cécile de Sainte-Croix.

C'est donc le 4 mai 1639 que Madame la gouvernante de Dieppe prend, en son carrosse, les voyageuses pour les conduire au bord de la mer.

Trois mois s'écoulent en mer. Après de nombreux incidents et des tempêtes, les Ursulines arrivent en terre canadienne. Une première escale s'effectue à Tadoussac. De là, elles poursuivent leur route dans une embarcation plus légère. Le dernier jour de juillet, elles côtoient l'île d'Orléans et passent la nuit à la pointe ouest de cette île. Le lendemain, 1er août 1639, Monsieur le Chevalier de Montmagny, alors gouverneur du Canada, leur fait une grande et belle réception. Toute la colonie française et amérindienne assiste à l'arrivée de ces vaillantes et courageuses missionnaires qui étaient accompagnées de 3 religieuses augustines, fondatrices de l'Hôtel-Dieu de Québec. Enfin, elles s'installent dans leur toute petite habitation de 156 pieds carrés, espèce de magasin, alors la propriété du sieur Juchereau des Châtelets, située au pied du sentier de la montagne, non loin du lieu où est bâtie depuis l'église Notre-Dame-des-Victoires. Aussitôt, les Pères Jésuites confient à Madame de la Peltrie pour les Ursulines, six filles amérindiennes et toutes les filles françaises rencontrées. La mission des Ursulines en terre canadienne commence. Elles se consacrent à l'éducation des jeunes filles.

Les Amérindiens qui habitent alors Québec sont des Algonquins et des Hurons. Marie de l'Incarnation voit tout de suite la nécessité d'étudier leur langue.

Dès septembre 1640, le couvent compte déjà dix-huit pensionnaires. L'année suivante, il y en a cinquante.

En 1642, les Ursulines quittent la Basse-Ville pour prendre possession de leur premier monastère construit sur le cap Diamant : une maison de quatre-vingt-dix-huit pieds sur vingt-huit, l'une des plus grandes du pays. Elles accueillent alors quarante-huit élèves amérindiennes et plusieurs filles françaises. En décembre 1650, un incendie rase le bâtiment des Ursulines. Courageusement, Marie de l'Incarnation décide de rebâtir sur le même emplacement.

À sa mort, le 30 avril 1672, Marie de l'Incarnation laisse vingt-quatre Ursulines, dont neuf Canadiennes. L'école est en pleine expansion. Elle compte maintenant cinq nations différentes.

Comme la population du pays augmente (10 727 habitants en 1685) les Ursulines décident d'agrandir leurs classes devenues trop étroites pour le nombre d'élèves. En 1686, on entreprend une construction de soixante pieds. Cette même année, un second incendie s'attaque à la maison de 1651. Douze mois après ce malheur, les Ursulines reprennent quelques pensionnaires.

En 1690, Québec est assiégé par les Anglais. Les Ursulines ouvrent leurs portes aux familles de la ville. Au cours du dix-huitième siècle, la Nouvelle-France connaît trente années de paix. Le nombre de pensionnaires va toujours en croissant. Les Ursulines en profitent pour tripler la dimension de leurs bâtiments.

Intimement liées à l'histoire du pays, les Ursulines subissent le choc de la Guerre de Sept Ans. La maison des externes est abîmée, l'église trouée, les toits percés, deux cheminées abattues et la salle de communauté traversée d'un boulet de canon.

Après avoir fait les réparations les plus urgentes, elles offrent l'hospitalité au général Murray qui s'installe au rez-de-chaussée de l'aile Sainte-Famille et placent des blessés dans la salle de communauté. Voilà les Ursulines transformées en Hospitalières auprès des soldats.

Après la conquête, les élèves anglaises se mêlent aux élèves françaises. Entre 1755 et 1764, plus de trois cents élèves fréquentent l'école. En 1820, on reçoit une soixantaine de filles irlandaises. On cultive les beaux-arts : le dessin, la broderie, la peinture, la musique. Aux fêtes solennelles, on chante au son des flûtes, des violons, des fifres, des clarinettes, du clavecin et de la harpe.

On agrandit, on renouvelle, on bâtit pour recevoir plus d'élèves. La construction du nouveau pensionnat de 1854 favorise le plan éducatif. L'année 1857 voit l'établissement d'une École normale pour jeunes filles. En 1912, l'école obtient une affiliation à l'Université Laval et décerne un diplôme à ses finissantes. En 1930, l'École normale quitte le Vieux-Monastère pour s'installer sur le Chemin Saint-Louis. En 1970, cette école normale devient le Collège Mérici.

À partir de 1936, on offre le cours classique conforme aux normes fixées par la Faculté des arts de l'Université Laval. Pendant vingt ans, de 1936 à 1956, on donne aussi un cours commercial.

De 1969 à 1998, les élèves du cours secondaire poursuivent un programme de formation générale de cinq années leur permettant d'accéder aux études collégiales. Le cours primaire est également soumis aux programmes du ministre de l'Éducation. De 1983 à 1995, un pensionnat abrite une quarantaine d'élèves de huit à douze ans.

Depuis 1639, les Ursulines de la rue du Parloir se sont adaptées aux besoins du pays. Pour instruire les Amérindiennes, elles ont appris les langues indigènes; aux jeunes Françaises, elles ont enseigné tout ce qui leur a permis de devenir de véritables chrétiennes et des femmes accomplies. De siècle en siècle, elles ont adapté leurs programmes. Depuis juin 1975, l'institution est administrée par un conseil d'administration formé de religieuses ursulines ou de leurs représentants laïcs, de parents des élèves et de professionnels de l'éducation.

L'établissement change à plusieurs reprises d'appellation : séminaire, pensionnat, couvent et collège, pour se nommer maintenant L'École des Ursulines de Québec. Lors du 350e anniversaire de leur arrivée en terre canadienne, les Ursulines inaugurent leur quinzième maison : l'aile Marie-Guyart qui comporte entre autres deux gymnases et deux salles de cours et qui, à cause de sa parfaite intégration à l'environnement, mérite le Prix spécial de la Commission d'urbanisme et de conservation de la ville de Québec.

Aujourd'hui, vieille de plus de 365 ans, L'École des Ursulines de Québec accueille plus de 400 jeunes filles de cinq à douze ans. Elle offre, depuis 1997, le Programme d'éducation internationale et continue d'adapter ses programmes aux besoins des jeunes du 21e siècle.

Poursuivre l'œuvre d'éducation commencée en 1639 par Marie de l'Incarnation en maintenant un milieu de vie et de croissance de toute la personne, voilà ce que vise encore aujourd'hui L'École des Ursulines de Québec.

L'histoire de l'école est intimement liée à celle de l'Union canadienne des religieuses ursulines. Il est possible d'en connaître davantage à ce sujet en consultant le merveilleux site de ces dernières : www.ursulines-uc.com